Tunisie : l’ouragan Mahmoudi se déclenche
lun..25.06.12
Ce n’est peut-être pas le premier bras de fer engagé entre les membres de la troïka depuis sa prise de pouvoir, mais cette fois la guerre est vraiment déclarée entre le gouvernement et la présidence de la République. Une lutte qui, à terme, risque de faire éclater en morceau une entente « cordiale » déjà fragile.
En décidant d’extrader l'ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi vers Tripoli, à l’insu de tous, et surtout du Chef de l’Etat, Hamadi Jebali a ouvert une brèche qu’il sera difficile de colmater et qui rend encore plus provisoire une troïka qui l’est déjà.
Et ce, d’autant plus que, comme l’a précisé porte-parole officiel de la présidence de la République, Adnane Mancer : « la Troïka avait convenue de livrer Mahmoudi après l'organisation des élections libyennes et la garantie de toutes les conditions d'un procès équitable à l'accusé », précisant que « la commission chargée de s'assurer de la réunion des conditions de détention et de procès, garantes des droits et du salut de Mahmoudi, n'a pas encore rendu public son rapport final à ce sujet ».
En prenant seul une décision aussi délicate, le chef du gouvernement a ainsi outrepasser les prérogatives du président de la république et celui du président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), si tant qu’ils aient des prérogatives, risquant ainsi de se mettre à dos, les deux autres pouvoirs. Et pas seulement puisque Hamadi Jebali se trouve sous le feu des critiques acerbes des défenseurs des droits de l’Homme et de bon nombre de membres de la société civile car, comme l’affirme l’avocat de Mahmoudi, Me Mabrouk Khorchid, pareille décision constitue : « un crime d'Etat contre une personne qui n'a pas commis de crime en Tunisie et qui devait être protégée, rappelant que son client avait fait une demande de réfugié politique auprès du Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés.
Le HCR n'avait pas encore donné sa réponse, et il ne pouvait donc être extradé, a conclu Me Mabrouk Khorchid. Comme quoi, l’affaire n’a pas fini de faire couler de l’encre. Ce n’est même qu’un début et les dégâts et conséquences risquent s’être incommensurables.
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